Marion Zimmer Bradley

… une histoire véridique n’existe pas. La vérité a plusieurs visages. Elle ressemble à l’ancienne route d’Avalon; elle dépend de notre volonté, de nos pensées, du but vers lequel nous tendons, de celui où l’on finit par arriver….

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La mémoire des vaincus

Michel Ragon. La mémoire des vaincus. Paris. Albin Michel1990

Alors qu’on ne parlait que de la Libération, ne ressentait-il pas, une fois de plus, que la société, le pouvoir, jouaient habilement avec les mots et que la prison d’où il sortait ne représentait que l’antichambre d’un univers carcéral dont il ne discernait pas les limites. 415

La lucidité brille souvent d’une lumière trop crue. Combien plus troublants la pénombre de l’ambiguïté, les méandres des contradictions. 420

Sept-Îles, le 16 septembre 2016

Le roman de Rabelais

Michel Ragon. Le roman de Rabelais. Paris. Albin Michel 1993

  • Il n’y a de liberté pour personne s’il n’y en a pas pour celui qui pense autrement. Rosa Luxembourg
  • Dans les monastères, on ne badinait pas avec ceux qui en prenaient à leur aise avec la discipline. On pardonnait la goinfrerie, la paresse, la paillardise et même la luxure, mais jamais les fautes contre l’esprit. Un esprit libre était possédé par le démon. 23
  • Rabelais ressentait une impression complexe de délivrance et d’abandon. Tellement habitué à vivre dans la dépendance d’un maître, sa liberté le déroutait. 97
  • Rabelais était persuadé qu’une malédiction s’attachait au pouvoir, que ce pouvoir soit politique ou religieux, que tout pouvoir émanait du diable. 164
  • Le problème est que les tyrans ne lisent pas les philosophes, ni les poètes. Ou qu’ils ne les lisent que partiellement, prenant dans leur œuvre ce qui leur convient, oubliant le reste. 195
  • Le mépris de la vie était l’un des chemins les plus courts pour rejoindre la mort. 204
  • Il en est de vous comme de Socrate, à qui l’on ne reprochait pas d’avoir tort, mais bien plutôt d’avoir raison en public et de ne pas garder sa raison pour lui. 213
    Sept-Îles, le 11 septembre 2016

Création de Gore Vidal

La diversité des types humains est aussi étonnante que l’uniformité des caractères.

Après tout le secret du pouvoir absolu est un absolu secret. Seul le monarque doit connaître toute chose.

Sans le rituel, la courtoisie devient assommante. La prudence devient de la timidité. L’audace devient dangereuse. L’inflexibilité devient de la dureté.

Mais contre le destin on est toujours perdant, à l’apogée de la célébrité d’un chauve, un aigle lâche inéluctablement une tortue sur son crâne. (Eschyle).

Le secret du pouvoir ou de la magie réside non dans son exercice, mais dans son aura.

La Désobéissance civile

Selon moi, nous devons être des hommes d’abord, des sujets ensuite. Il importe moins de cultiver le respect envers la loi que de le cultiver envers le bien. Ma seule obligation consiste toujours à faire ce qui me paraît juste. On dit avec raison qu’un groupe n’a pas de conscience, mais un groupe d’hommes intègres est un groupe doté d’une conscience. Jamais la loi n’a rendu les hommes plus justes. Même les personnes bien intentionnées sont amenées chaque jour par un respect excessif envers la loi, à être les agents banals de l’injustice. 21-22

C’est ainsi que, en fin de compte, au nom de l’ordre et du bon gouvernement, nous sommes tous amener à cautionner et à glorifier notre propre mesquinerie. Passées les premières rougeurs de la honte, nous sommes indifférents au péché. L’acte était immoral, il devient, les choses étant ainsi, amoral – et s’inscrit assez bien dans le genre de vie que nous menons. 29

Henri David Thoreau, La désobéissance civile. Traduction, introduction et notes de Sylvie Chaput

Mes archives sur les pierres et un jour les plantes